IMAGE DE FLAMENCO
La nature est paisible, dans une lourde torpeur. Le soir est tombé mais la chaleur demeure.
Pas un souffle d'air… Seule une enveloppe de silence apaise le ciel et la terre.
Un grand feu de bois vibre dans cette obscurité, les flammes rougeoyantes ondulent.
Soudain une voix déchire ce silence, rugueuse, monocorde, telle du miel coulant sur de la rocaille. Un homme est assis, là, guitare dans les bras et les notes qui accompagnent son chant, sont de plus en plus fortes, saccadées, lancinantes.
C'est alors que, sortis de nulle part, un homme, une femme, se jettent dans une danse sauvage.
Un corps à corps puissant et sans merci. Les pas dans un rythme précis martèlent le sol, les épaules se frôlent, se provoquent, se menacent.
Les bras s'élèvent en arabesques inachevées et les doigts claquent.
Le rythme s'accélère, le souffle est court. Les jambes de la femme sont nues sous les nombreux volants de sa jupe qu'elle soulève par vagues frénétiques, comme si elle balayait le temps.
L'homme est là, puissant, dans sa rage virile, les reins cambrés, le port altier, le regard arrogant, invincible.
Ses pieds cognent le sol, encore et encore .
C'est entre vie et mort que se joue un combat sauvage, où l'instinct dans la sourde puissance libérée va puiser son énergie, sa rage de vaincre dans la force du désespoir.
Sol Edery
Elève des stages dispensés par Antonio Ruiz